Carole Delga : une ambitieuse au bilan catastrophique !

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Tribune libre de Gilles Ardinat, professeur agrégé d’histoire-géographie, universitaire et militant souverainiste, publiée sur le site Boulevard Voltaire,

Mais qui est donc Carole Delga, la très discrète candidate de François Hollande en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées ? Cette question est importante car cette femme souhaite devenir, en décembre prochain, la première présidente d’une grande région de 5,6 millions d’habitants. Depuis des semaines, Dominique Reynié, chef de file ultra-contesté de l’UMP/LR, a concentré toutes les polémiques et les passions. Par contraste, Mme Delga, sûre de sa victoire, mène une campagne relativement sereine, soutenue par la presse régionale monopolistique de son allié M. Baylet. Mais avant de prétendre diriger un territoire aussi vaste, la candidate PS/PRG devrait rendre des comptes sur son action au sein des équipes socialistes.

En effet, Mme Delga est coresponsable du bilan calamiteux de la gauche, tant sur le plan local que national. Elle vante son projet, sans jamais s’expliquer sur les résultats de sa politique. Elle souhaite, sans doute, faire oublier qu’elle a été membre du gouvernement Valls (en charge du Commerce et de l’Artisanat) et qu’à ce titre, elle a tout cautionné : le traité transatlantique, la loi Macron, la politique fiscale aberrante, etc. Les conséquences de son action sont connues : plus de chômage, des PME/PMI en difficulté, des commerçants et des artisans fragilisés.

Outre sa complicité dans le désastre gouvernemental, Mme Delga doit assumer le bilan de ses prédécesseurs en région (Martin Malvy et Damien Alary). Or, les présidents socialistes sortants sont coupables d’une très mauvaise gestion. À Toulouse (depuis 18 ans) et à Montpellier (depuis 12 ans), les équipes socialo-communistes ont dilapidé l’argent public dans des politiques démagogiques que Carole Delga veut généraliser : distribution gratuite d’ordinateurs aux lycéens, billets de train à 1 € (totalement inadaptés aux besoins des usagers), subventions clientélistes, embauches inconsidérées, communication à outrance… En Languedoc-Roussillon, l’endettement a littéralement explosé. La gauche de Mme Delga applique également largement la préférence étrangère : ses amis des conseils régionaux ont récemment débloqué 1,2 million d’euros en faveur des « migrants ».

Autre point sur lequel Mme Delga reste muette : le fiasco annoncé de la fusion régionale. En tant que membre du gouvernement et candidate d’une région taillée pour la gauche, elle a évidemment participé à cette réforme bâclée, antidémocratique et ruineuse. Seul point qui semble préoccuper la tête de liste socialiste : le partage des postes entre ses protégés, ceux de Damien Alary et le Parti radical de gauche (en attendant les négociations avec les listes de Philippe Saurel et de l’extrême gauche). La gauche, focalisée sur la distribution des places et des privilèges (vice-présidences et présidence déléguée), n’a anticipé aucun des problèmes induits par la fusion. Par exemple, il n’existe pas d’assemblée pouvant accueillir les 158 futurs conseillers régionaux en janvier prochain !

Mme Delga est donc littéralement une irresponsable : elle se présente à une élection sans se justifier sur l’échec patent de sa famille politique. Compte tenu du passif qui est le sien (incompétence de Valls/Hollande, mauvaise gestion locale, amateurisme sur la réforme territoriale, négociations indécentes avant même la victoire), elle devrait présenter non pas son programme, mais un audit détaillé de son action. En démocratie, les élus sont comptables devant le peuple. Espérons que la campagne électorale sera l’occasion de faire la lumière sur ce bilan peu reluisant.